
Le mot FODMAP est un acronyme anglais. Il rassemble les noms des quatre grandes familles de glucides fermentescibles, que l’on retrouve dans notre alimentation :
- Fermentable
- Oligosaccharides
- Disaccarides
- Monosaccharides
- And
- Polyols
Ils sont dits « fermentescibles » car contrairement aux autres nutriments (protéines, glucides, lipides) nous ne sommes pas en capacité de les digérer de façon enzymatique et de les absorber au niveau de l’intestin grêle (small intestine = petit intestin). Ils devraient donc être fermentés par notre microbiote intestinal1, après l’intestin grêle dans le côlon droit.

Lorsque des micro-organismes fermentent des glucides, cela produit des gaz. Il est donc normal d’avoir quelques gaz inodorants. Ils sont le produit de la fermentation des fibres de notre alimentation.
Les FODMAP sont des prébiotiques qui nourrissent les micro-organismes de notre microbiote intestinal. Ils sont donc indispensables pour notre santé et au maintien d’un bon microbiote, en termes de quantité et de diversité.
Si les FODMAP sont importants pour notre santé, pourquoi le régime pauvre en FODMAP est-il conseillé ?
Le régime pauvre en FODMAP doit être conseillé uniquement dans les cas, confirmés par un test respiratoire au lactulose, de SIBO à hydrogène (pullulation de bactéries dans l’intestin grêle, produisant de l’hydrogène) ou de l’IMO (pullulation d’archées dans l’intestin grêle et le côlon, produisant du méthane). Il s’agit de deux formes différentes de la maladie « des pets » ou des « hyper-balloné.es ».

L’alimentation pauvre en FODMAP est un régime qui doit être temporaire.
J’utilise volontairement le mot « régime » car l’alimentation pauvre en FODMAP ne doit pas être maintenue au-delà de 6 à 8 semaines. Cette temporalité est importante à respecter, sous peine d’entraîner des carences et un appauvrissement du microbiote intestinal.

Généralement, la stratégie suivante est appliquée :
- Éviction des aliments riches en FODMAP et consommation d‘aliments pauvre en FODMAP pendant 6 à 8 semaines
- Réintroduction progressive par famille de FODMAP sur 6 à 8 semaines (cf. « Familles de FODMAP » dans le tableau des aliments riches en FODMAP)
- Ajustement de la diète selon les tolérances personnelles


Le régime pauvre en FODMAP doit absolument être inclus dans une stratégie de traitement du SIBO/IMO complète et individualisée.
Le régime sans FODMAP instauré sans traitement complet du SIBO/IMO aura des résultats médiocres. De plus, l’inconfort digestif reprendra dès l’arrêt du régime, rendant difficile la réintroduction des aliments riches en FODMAP. Dans cette situation, le risque de carences nutritionnelles et d’appauvrissement du microbiote est réel.

La stratégie de traitement du SIBO/IMO doit comporter plusieurs axes que j’ai développé dans un autre article : « Vous souffrez de gaz et de ballonnements ? Et si c’était un SIBO ou un IMO ? »
- Traiter les pullulations bactériennes
- Mettre en place un régime alimentaire spécifique et temporaire, selon le type de SIBO/IMO
- Soutenir le Complexe Migrant Moteur2 (CMM)
- Traiter l’hyper-perméabilité intestinale3
- Complémenter les éventuelles carences
- Soutenir l’immunité
Vous l’aurez compris, le régime pauvre en FODMAP est très utile mais dans le cadre bien défini de deux pathologies, confirmées par un test respiratoire : le SIBO à hydrogène ou l’IMO. Il doit être conduit intelligemment pour en tirer les bénéfices sans risquer d’appauvrir son microbiote. Enfin, il est indispensable d’accompagner ce régime d‘une stratégie de traitement individualisée et complète, du SIBO à hydrogène ou de l’IMO.

Pour toutes ces raisons, il est fortement recommandé de vous faire accompagner par un.e thérapeute spécialisé.e dans l’accompagnement du SIBO/IMO et du régime pauvre en FODMAP.

Je prends RDV avec Maud Guillemet
(au cabinet à Besançon ou en visio),
naturopathe spécialiste du SIBO/IMO et du régime pauvre en FODMAP
- Microbiote intestinal : ensemble des micro-organismes présents dans nos intestins (grêle et côlon). ↩︎
- Le Complexe Migrant Moteur, est le système de « vidange » de l’intestin grêle. Environ 1h30 à 2 h après chaque repas, le contenu de l’intestin grêle est évacué vers le côlon. Si cette fonction est altérée, ces stagnations favorisent les fermentations et la prolifération des micro-organismes. ↩︎
- L’hyper-perméabilité intestinale est une altération de la muqueuse de l’intestin grêle. Cette muqueuse est une membrane « intelligente » qui doit réussir la prouesse de laisser passer les nutriments sans laisser entrer d’aliments insuffisamment digérés ni de micro-organismes. Dans l’hyper-perméabilité intestinale, cette muqueuse n’est plus aussi sélective qu’elle devrait l’être. Des aliments insuffisamment digérés et des toxines microbiennes peuvent la traverser et pénétrer le milieu interne (sang et organes) ↩︎